Le comptage Wetlands est un recensement international annuel des populations hivernantes d’oiseaux d’eau sur les zones humides du 17 au 18 janvier. Il permet d’étudier les tendances des populations d’oiseaux d’eau hivernant sur les zones humides françaises et identifier les sites à fort enjeu pour l’avifaune. 

Résultats 2026 du comptage Wetlands International

Début janvier avait bien commencé, avec cet effectif record départemental de 980 Sarcelles d’hiver au lac du Cébron au début du mois, soit quasiment l’effectif total compté dans toutes les Deux-Sèvres à la mi-janvier 2025 ! Les oiseaux étaient en effet bien présent pour ce Wetlands 2026, avec 11 518 oiseaux d’eau comptés (12 601 au total), pour 87 espèces différentes ! Et cette année, les dortoirs de laridés n’ont pas été dénombrés.

oiseaux d'eau dénombrés en Deux-Sèvres
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En revanche, pas de grosse rareté à se mettre sous la dent en 2026, mais tout de même quelques espèces fort intéressantes, avec une Spatule blanche dans l’argentonnais. Ce n’est que la seconde fois où l’espèce est trouvé lors du comptage des oiseaux d’eau dans le département ! Il faut néanmoins noter l’observation de 2 Goélands cendrés, d’un Goéland pontique, mais aussi d’un Râle d’eau, assez peu souvent contactés lors d’un Wetlands.

Goéland cendré - Jacques Pellerin
Sarcelle d'hiver - Jacques pellerin

Même si le presque millier de Sarcelles du 5 janvier n’a pas été retrouvé au lac du Cébron, les oiseaux ne sont pas partis loin. En effet, ce sera 1 344 individus qui seront comptés entre la gâtine et l’argentonnais. La modeste participation de la Boutonne avec 2 individus fait monter l’effectif total départemental à 1 346 individus, battant le précédent record de 2023 de 1 109 individus lors d’un comptage des oiseaux d’eau, et signe la 3e année consécutive où les effectifs de Sarcelle d’hiver dépasse les 900 individus. Pas mal, non ?

Si l’on reste sur des effectifs habituels pour les Fuligules morillons, Canards colverts, souchets et siffleurs, l’effectif de Fuligule milouin est particulièrement bas, avec seulement 129 individus comptés. Il faut remonter à 2006 pour retrouver un effectif aussi faible lors d’un comptage Wetlands, avec 122 oiseaux. Il faut préciser que l’hiver 2025-2026 est assez sec, et que plusieurs étangs de l’argentonnais avaient un niveau d’eau particulièrement bas, ne s’étant pas remplis après leur pêche. C’était le cas de l’étang de Beaurepaire qui accueille habituellement le gros des hivernants de Fuligule milouin, avec parfois plus d’une centaine d’oiseaux, et seulement 2 cette année.

Mais lorsque les niveaux bas des étangs déplaisent à certains oiseaux, ils peuvent plaire à d’autres. En effet, l’année a été bonne pour les Bécassines des marais. Sans battre le record de l’année dernière de 213 individus, qui avait valu au lac du Cébron de faire partie des 10 sites nationaux avec le plus gros effectif de l’espèce, 2026 reste la deuxième plus grosse année avec 172 individus comptés, et 70 uniquement dans la vase de Beaurepaire. Petite année par contre pour le Pluvier doré avec seulement 39 individus. Vu les effectifs traînant dans les plaines agricoles, il n’y a pas non plus de quoi s’inquiéter !

Becassine des marais - Martineau adrien

Pour le Grèbe castagneux, nous restons également dans les mêmes effectifs que ceux observés ces deux dernières années avec une vingtaine d’individus. À noter néanmoins que, sur les 17 oiseaux contés, 15 l’ont été dans le sud du département ! Pour le Grèbe huppé, des effectifs assez bas, sans être non plus surprenants, avec 162 oiseaux.

Pour les ardéidés, le comptage des oiseaux n’est pas vraiment représentatif de la population hivernante, au vu de la capacité de dispersion des oiseaux, et de la présence de dortoirs en dehors des sites comptés. À noter tout de même un faible effectif de Hérons garde-bœufs avec seulement 59 individus. Les différentes vagues de froid y ont peut-être joué un rôle.
Hormis les visiteurs inhabituels cités plus haut, rien à signaler non plus côté Goélands et Mouettes, dont l’absence de comptage des dortoirs permet à une grande partie des oiseaux d’échapper au regard acéré de nos observateurs.

Observateurs qu’il faut d’ailleurs chaleureusement remercier, car ils ont été 20 cette année à braver le froid hivernal.