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Charte chasse

 

 

Le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres (GODS) distingue deux approches de la chasse

 

Le GODS n’est pas une association « anti-chasse », mais distingue deux approches de la chasse, au sens où la chasse est la traque d'animaux dans le but de les capturer ou de les abattre :

  • L’approche « chasse de loisir » pour laquelle elle n’est pas favorable, dans un contexte où la fonctionnalité des écosystèmes est menacée, et les tendances populationnelles de la biodiversité ordinaire sont nettement à la baisse.
  • L’approche « chasse à visée de régulation » pour laquelle elle ne s’oppose pas sous certaines conditions.

 

Ainsi, le GODS s’oppose à toute « régulation » autoproclamée et entend par chasse à visée de régulation toute décision administrative obéissant strictement aux conditions suivantes :

  • L’espèce chassable représente un risque d’appauvrissement des écosystèmes existants.
  • La régulation doit montrer son efficacité. Si elle est sans effet, voire si elle aggrave les problèmes écologiques alors la chasse de régulation n’est pas défendable. Un des problèmes écologiques possibles qu’une régulation trop intense peut engendrer est le fait que des espèces concurrentes ou proies de l’espèce chassée peuvent plus facilement se développer, ce qui peut entraîner un certain nombre d’effets indésirables (réduction de la biodiversité, menaces pour certaines activités agricoles, …). Un exemple type est celui du renard qui est un régulateur des populations de campagnol et de ce point de vue un auxiliaire de culture qu’il conviendrait de ne pas piéger ou chasser juste parce qu’il fait concurrence aux chasseurs sur le petit gibier…
  • La régulation ne doit pas être une réponse à un problème créé par les chasseurs (agrainage des sangliers).
  • La régulation doit être décidée, suivie et évaluée par une instance indépendante des chasseurs qui s’appuie sur des arguments scientifiques.

L’oiseau n’est pas sacralisé : dans le cadre strict de la chasse de régulation conditionnée aux critères ci-dessus, tuer des oiseaux n’est pas un acte condamnable en soi.

 

 

Le GODS s’oppose à la notion d’espèce « nuisible »

Le GODS défend la biodiversité, c’est-à-dire travaille pour la préservation de toutes les espèces et la fonctionnalité des écosystèmes. Préserver la biodiversité ne consiste pas à préserver d’abord et à tout prix les espèces chassables. De ce fait, le GODS conteste la notion d’espèces nuisibles : le concept d’espèce « nuisible » n’existe pas scientifiquement. Cette notion n’est reconnue que dans quelques pays dont la France, qui établit une liste hétéroclite mélangeant des espèces biologiquement invasives et des espèces qui nuisent à certaines activités humaines et en particulier aux intérêts cynégétiques.

 

 

Le GODS souligne que les impacts de la chasse sont plus étendus que ce que l’on pense habituellement

Le GODS rappelle que la chasse n’a pas seulement un impact sur les espèces chassées : les espèces, même lorsqu’elles sont non chassables, subissent les dérangements liés à la chasse (dérangement du chasseur, dérangement des coups de feu, dérangement du chien). Ces dérangements sont particulièrement néfastes aux espèces migratrices et hivernantes. On ne peut réduire l’impact de la chasse aux prélèvements opérés. D’autant plus que les conditions d’obtention du permis de chasse, peu exigeantes en matière de connaissances des espèces protégées, ne permettent pas d’être rassurés sur la distinction que les chasseurs font sur le terrain entre espèces chassables et espèces protégées.

 

Certaines zones sont clôturées pour des besoins de chasse privée, ce qui va à l’encontre de la continuité écologique et du brassage génétique des populations de mammifères (Trame Verte et Bleue).

L’introduction d’oiseaux d’élevage peut entraîner des conséquences dommageables :

  • une perte de diversité génétique et une dégradation de la qualité génétique des populations sauvages par croisement avec des oiseaux d’élevage,

  • une concurrence pour l’accès aux ressources entre oiseaux d’élevage et oiseaux sauvages.

 

 

Le GODS rappelle que l’éducation à l’environnement doit prendre en compte toute la biodiversité

Le principe selon lequel toutes nos actions doivent être fondées scientifiquement s’applique bien évidemment à nos actions éducatives.

Eduquer à l’environnement, c’est faire comprendre l’équilibre fragile dans lequel chaque espèce a son rôle à jouer, c’est une démarche dans laquelle le concept de « nuisible » n’a pas sa place, où le Faisan de Colchide ou la Perdrix rouge n’ont pas plus de « valeur » que la Buse variable.

De ce point de vue, il apparaît que le GODS, comme toute APNE est plus légitime à enseigner l’éducation à l’environnement et à faire découvrir la nature sous tous ses aspects que les instances de la chasse.

 

 

Le GODS demande à ce que des mesures urgentes soient appliquées

Parallèlement aux préconisations exprimées dans cette charte, le GODS demande qu’un certain nombre de mesures visant à l’amélioration immédiate de l’état de l’avifaune soient réalisées.

 

Au niveau organisation de la chasse, le GODS demande :

  • que les instances de gestion de la faune sauvage ne soient plus le lieu d’une surreprésentation des chasseurs,

  • la conception et l’organisation de l’examen du permis de chasser par une instance indépendante,

  • la limitation de sa validité dans le temps,

  • qu’un seuil d’alcoolémie soit instauré et que des tests d’alcoolémie inopinés soient réalisés auprès des pratiquants de la chasse.

 

Au niveau des espèces, le GODS demande :

  • une limitation du nombre d’espèces chassables, en particulier les listes rouges et les espèces difficilement identifiables (voir liste rouge des espèces qui sont chassables plus bas).

 

Le GODS demande par ailleurs l’interdiction des modes de chasse dites « traditionnelles » (chasse de nuit, chasse à courre, déterrage, tenderie, etc…) et le braconnage.

 

Au niveau des espaces, le GODS demande :

  • l’augmentation de la surface des réserves de chasse (et de faune sauvage) qui devraient être définies par une instance indépendante.

 

Au niveau des temps de chasse, le GODS demande :

  • que les jours de la semaine où la chasse est autorisée soient définis en fonction des autres usagers de la Nature. Le GODS préconise au moins 3 jours consécutifs de non chasse dans la semaine,

  • que les périodes de chasse soient définies en fonction de la biologie des espèces, ce qui implique une réduction des périodes pour certaines espèces (en particulier le gibier d’eau qui est chassable plus de 6 mois pour certaines espèces).