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| Protection des nichées
de Busards 2000 2001 Année 2000 Année 2001 Comme en 1998 et 1999, le Syndicat Mixte Interrégional du Marais Poitevin a missionné le GODS en 2000 pour réaliser la protection des nichées de Busard sur 19 communes couvrant un secteur de 32535 hectares. En 1999, 31 nids de Busard (18 de Busards cendrés, 10 de Busard-St Martin et 3 de Busard des roseaux) avaient été trouvés et les 90 jeunes à l'envol pouvaient remercier les ornithologues du GODS et les 16 agriculteurs ayant accepté la pose des protections et le suivi des nichées dans leurs parcelles. Pour 2000, le dénombrement des couples et leur localisation dans la première quinzaine de mai constituent la première étape de cette action. L'importante superficie de la zone d'étude nécessite un nombre élevé d'observateurs. La méthodologie est relativement simple puisqu'elle consiste à parcourir, en voiture et à faible allure, l'ensemble d'un secteur et à noter et localiser sur carte tous les comportements et indices de reproduction des trois espèces de Busard (parade, passage de proie, présence de femelles, mâle posé, transport de matériaux ...). Résultats étude et protection busards 2000 Notre zone détude est localisée sur 19 communes couvrant un secteur de 325,35 km² (soit 32 535 hectares). Elle renferme trois secteurs de colonies à Busards situés autour des communes de Vallans/La Rochénard/La Foye-Monjault/Usseau à lest, sur la commune dAmuré au sud et autour des communes de Saint-Hilaire-la-Palud/ Saint-Georges-de-Rex à louest. En 2000, nous avons découvert 11 nids de Busard cendré, plus une famille avec des jeunes volants et une famille de Busard des roseaux . Aucun nid de Busard Saint-Martin n'a été trouvé contrairement aux deux années précédentes (1 en 1998 et 10 en 1999). Tous les nids ont été trouvés dans du blé (dont 1 dans du blé barbu). Sur les 16 juvéniles volants, 7 ont bénéficié de laction de protection. Ainsi plus de 43% des Busards dénombrés sur le secteur ont échappé aux moissons grâce à la pose de grillages autour des nids. Ce pourcentage satisfaisant est toutefois à relativiser au vu du faible taux de nidification observé cette année. En effet, les différents indices de productivité obtenus chez les 11 couples de Busard cendré trouvés en 2000 sont nettement plus faibles que chez les 16 couples trouvés lan passé. Le nombre de couples reproducteurs de Busard cendré est de 25 % inférieur à lannée dernière et égal à zéro chez le Busard Saint-Martin. Les ufs non éclos (quils soient non éclos embryonnés, non embryonnés ou prédatés) sont deux fois plus importants en 2000. La production dufs en 2000 est inférieure de 25 % à celle de 1999, celle de poussins deux fois moindre, celle de juvéniles volants presque trois fois moindre. Tous ces résultats relatifs à une mauvaise année de reproduction sexpliquent par les faibles populations de campagnols présentes sur le secteur cette année. Les populations de Campagnols des champs en plaine cultivée suivent en effet un cycle dabondance trisannuel au cours duquel se succède une année de forte abondance, suivi dun effondrement des effectifs, lui-même suivi dune phase de reconstitution de la population. Durant les phases deffondrement la très nette diminution dabondance de cette espèce proie de nombreux prédateurs peut avoir des conséquences non négligeables pour les espèces qui en dépendent. Pour les busards, la diminution du campagnol qui constitue sous nos latitudes sa principale ressource, se traduit par : - une diminution du nombre de couples cantonnés et nicheurs, - une faible taille de ponte dont les ufs semblent plus petits que durant les bonnes années, - un retard dans les dates de pontes, déclosion et denvol des poussins, - une augmentation de la pression de prédation sur les ufs et les poussins. En effet, dans des conditions trophiques difficiles, certains couples de busards quittent les secteurs pauvres en campagnols avant dentreprendre la reproduction, dautres se séparent et ne sont plus appariés, dautres se cantonnent, construisent un nid mais finissent par abandonner la reproduction avant de pondre. Par ailleurs, les quelques couples qui restent sur place, sont souvent peu démonstratifs en période de parade, ce qui les rendent plus difficiles à trouver que durant les bonnes années. Avant de pondre, les femelles de Busard sont alimentées par les mâles qui se chargent de la recherche de nourriture. Pendant cette période, elles fabriquent leurs ufs. Les faibles quantités de nourriture reçue retardent alors la date de ponte et donc les dates déclosion et denvol des poussins. Les faibles ressources alimentaires disponibles obligent les femelles à se nourrir en partie elles-mêmes pendant lincubation et donc à laisser leurs ufs à découvert, à la merci des prédateurs (4 nids prédatés sur 11 en 2000, aucun en 1999). En plus, les prédateurs terrestres comme le renard sont également en quête dautres types de proies et recherchent davantage les oiseaux que les campagnols. De la même manière, le nombre et la taille des ufs produits par femelle sont inférieurs. Lélevage des jeunes est également rendu plus difficile. Tout cela a pour conséquence directe de réduire considérablement le nombre de jeunes produits à lenvol. Dautre part, la survie des jeunes issus de ces nichées tardives est vraisemblablement assez mauvaise dans la mesure où ceux-ci présentent souvent une petite taille, une faible condition physique, et disposent de peu de temps pour sémanciper avant de devoir affronter leur première migration transsaharienne. Conséquences des retards de ponte en termes de protection Plus lâge de la nichée est avancé et plus la femelle accepte la pose de grillage autour de son nid. En raison des retards de ponte, nous avons été amenés à expérimenter une nouvelle technique. A lapproche des moissons, nous avons matérialisé lemplacement des 5 nids encore au stade uf ou en cours déclosion par un fanion (tige métallique de 2 m avec à son sommet un morceau de tissu blanc et daluminium). Cette technique permet à lagriculteur de visualiser lemplacement précis du nid et de minimiser les risques dabandon des femelles. Aucun de ces 5 nids na été abandonné par la femelle suite à cette intervention malgré lâge précoce des nichées. Les moissons ayant étés retardées par la pluie, nous avons finalement eu le temps de poser des protections grillagées sur 3 des 5 nids (les 2 autres étant prédatées entre-temps). Lun des nids a été abandonné un jour après la moisson (les 2 poussins et le dernier uf étaient encore dans le nid), lautre la été quelques jours après (disparition de la nichée). Après un recul de trois années de surveillance busard, ces résultats montrent que sur notre secteur détude, les populations de Campagnols des champs semblent suivre le cycle trisannuel classique en plaine avec une année moyenne en 1998, une année forte en 1999 et une année de crash en 2000. Perspectives à court terme Si les prévisions sont justes, lannée 2001 devrait être une année intermédiaire en abondance de Campagnols. Aussi, il semble que les busards qui se reproduisent avec succès sur un site ont tendance à y revenir lannée suivante. Par conséquent, déployer dimportants efforts de protection en 2001 permettrait doptimiser le succès reproducteur des busards, mais aussi et surtout de favoriser le retour dadultes lannée suivante. Or plus un site est fréquenté et plus il est attractif pour des individus qui cherchent à sinstaller. Cet effort aura donc des effets particulièrement importants en 2002, année où les ressources trophiques devraient être favorables et donc où le nombre et la taille des nichées devraient être importants. Amis busardiers, à vos maillets ! Perspectives à moyen et long terme En France, les populations de Busard cendré sont globalement maintenues stables grâce à leffort régulier de la protection assurée par les bénévoles de terrain. Cette stratégie durgence permet la sauvegarde du Busard cendré, mais elle ne correspond guère à une solution durable. Un des premiers objectifs à atteindre pour la protection des busards, dont les populations suivent de fortes fluctuations inter-annuelles, serait dadapter leffort de protection à ces fluctuations. En effet, les ressources financières et humaines sont bien inévitablement limitées dans ce type dopération et il pourrait être pertinent dorienter les actions de protection en fonction du cycle dabondance des campagnols. Une stratégie daction trisannuelle permettrait notamment de minimiser leffort de protection durant les années crash (période durant laquelle leffort de prospection est décuplé pour une sauvegarde dun très faible nombre de jeunes à lenvol) au profit des années de moyenne et forte abondance de campagnols (les actions de protection ont alors un impact considérable sur le nombre de jeunes sauvegardés). Enfin à plus long terme, lidéal serait bien évidemment darriver à restaurer des milieux favorables à la reproduction des busards afin que les nichées ne soient pas chaque année en péril face aux engins agricoles. Pour cela, les résultats danalyses fines en terme de sélection de lhabitat par le Busard cendré sont nécessaires, afin de connaître précisément les paramètres qui influencent leur choix au moment de linstallation des nids (taille des parcelles, types de cultures et hauteur de végétation, historique de la colonie ). Une fois ces paramètres connus, il serait envisageable détablir des mesures de gestion des milieux qui rendraient compatibles la survie des nichées et la production agricole. Remerciements Nous tenons à remercier les 8 agriculteurs contactés cette année qui ont accepté la pose de protection ou le suivi des nichées dans leurs parcelles, ainsi que tous les bénévoles qui nous ont aidés cette année (malgré les conditions peu motivantes) et Sylvain W., stagiaire en licence de biologie à Poitiers, sympathique et motivé. Nous tenons aussi à remercier très vivement Béatriz Arroyo avec qui les sessions de terrain ont toujours été loccasion déchanges forts intéressants et à lorigine dune grande part des réflexions présentées dans cet article. Johanna Corbin et Xavier Fichet Sources bibliographiques Arroyo B. Bretagnolle V. 1998. Evaluatind the long-terme effectiveness of conservation practices in Montagus Harrier Circus pygargus. Colloque international sur les rapaces - Afrique du Sud. Salamolard M. 1998. Stratégie dutilisation des ressources chez une espèce de rapace semi-coloniale, le Busard cendré (Circus pygargus). Thèse de Doctorat. Université de Tours Salamolard M. Butet A. Leroux A. Bretagnolle V. sous presse. Responses of avian predator to variation in prey density at a temperate latitude. Ecolog Pour plus de renseignements contact Johanna Corbin et Xavier Fichet Soutenir, participer et animer... Soutenez un offrant un don à l'association. Nous avons besoin de votre aide pour poursuivre nos buts. Adhérez à l'association et venez partager l'aventure ornithologique dans la convivialité de groupe d'amis à la porte de chez vous. Adhésion à l'association : montant libre Adhérez en ligne, inscription et réservation d'adhésion Télécharger le bulletin d'adhésion à renvoyer à l'association par courrier Abonnement au Lirou (1 numéro par an) : 7 € Groupe Ornithologique de Deux Sèvres 7 rue Crémeau 79 000 NIORT Mél Contact Tél : 05 49 09 24 49 Fax : 05 49 09 23 85 |
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