Les études & enquêtes oiseaux  Atlas régional  Life Outarde  Milieux & biotopes   Retour

  Ardéidés, les hérons, aigrettes et compagnies, du nouveau en Deux-Sèvres...


Trois espèces d'ardéidés ont fait une apparition remarquée au cours de l'année 2001 en Deux-Sèvres. Il s'agit du Héron garde-bœufs, dont les apparitions se sont multipliées, de l'Aigrette garzette, qui a fourni ses premières preuves de reproduction et du Héron pourpré redécouvert nicheur.

Le Héron garde-bœufs

© Wikipedia

Le Héron garde-bœufs Bubulcus ibis a été observé pour la première fois en Deux-Sèvres en juin 1998. Jusqu'en 2001, il a donné lieu à 6 autres données. Cette année plusieurs observations ont été effectuées dans le Marais Poitevin et dans la vallée de la Boutonne. Parmi celles-ci, deux concernent des groupes de plus de 20 individus. Cette espèce apparue en France dans les années 1950 a connu une forte expansion, d'abord en Camargue (Hafner, 1995), puis, plus récemment, dans d'autres régions (Caupenne & Jourde, 1999). C'est ainsi qu'elle est actuellement nicheuse en Vendée et Charente-Maritime. L'absence de fortes vagues de froid pendant les 15 dernières années permet probablement d'expliquer son expansion, et par là-même l'augmentation des observations en Deux-Sèvres, à partir des populations limitrophes. Dans ce contexte, il n'est pas impossible que ce petit héron fasse très bientôt partie de l'avifaune nicheuse de notre département... à condition qu'il n'y ait pas d'hivers rigoureux d'ici là.

l'Aigrette garzette

© Archives GODS

La reproduction de l'Aigrette garzette Egretta garzetta avait été soupçonnée en 1992 sur l'étang de Brusson au sein d'une colonie de Hérons cendrés mais l'espèce n'avait pas fourni d'indices de nidification certaine. Les fortes pluies de l'hiver dernier, transformant la vallée de la Boutonne en véritable zone humide, ainsi que la présence d'une colonie de Hérons cendrés y ont certainement favorisé la présence de l'Aigrette garzette ce printemps-ci. Présente durant toute la période de nidification, le maximum était atteint le 8 mai où 9 individus furent observés simultanément. En juin, une visite de la héronnière permit de trouver des restes d'œufs éclos tombés au sol et ce à trois emplacements différents, ce qui laisse penser qu'un minimum de trois couples s'y sont reproduits. Dans le Marais Poitevin, une Aigrette a été observée rentrant dans une héronnière connue pour abriter des Hérons cendrés. Bien que celle-ci n'ait pas été prospectée par la suite, ceci suggère aussi une reproduction dans ce secteur. Une reproduction est aussi suspectée au sein de la héronnière de Lezay. Cette espèce est actuellement en pleine expansion sur la facade atlantique, et notamment en Charente-Maritime, qui abrite 25 % des effectifs français (Caupenne, 1999), et les observations effectuées cette année en Deux-Sèvres laissent penser qu'il ne s'agit que d'un début. On peut toutefois s'interroger sur l'attractivité de la vallée de la Boutonne pour cette espèce en l'absence d'inondations remarquables comme en ce début d'année 2001.

Le Héron pourpré

© Alain Fossé

C'est en 1978 qu'eut lieu la dernière preuve de reproduction du Héron pourpré Ardea purpurea en Deux-Sèvres, sur un étang de l'Argentonnais (Fouquet, 1995). 21 ans plus tard, sur le même étang, un couple nicheur est à nouveau découvert. Globalement en déclin, et notamment en Camargue qui abrite la principale population française, cette espèce est en légère progression en Charente-Maritime et peut-être cette nouvelle nidification s'inscrit-elle dans ce contexte. On ne doit toutefois pas perdre de vue que cette augmentation est probablement due à la dispersion des reproducteurs suite à des dégradations sur les zones importantes pour l'espèce en France et ne révèle pas forcément un statut de conservation favorable (Walmsley, 1995). Il faut aussi noter que, dans le sud Deux-Sèvres, l'espèce est observée très régulièrement en période de reproduction dans le Marais Poitevin, ainsi que dans la vallée de la Boutonne, sur le site " à Aigrettes ". Bien qu'il n'y ait pas de roselières dans cette partie du département, une nidification n'est pas à exclure car, en Charente-Maritime et Vendée, les Hérons pourprés nichent dans des bois humides, sur des bosquets de Saules, Aubépines etc...


L'avifaune nicheuse des Deux-Sèvres est en perpétuelle évolution et, si certaines espèces sont au bord de l'extinction, on ne peut que se réjouir de l'apparition de nouvelles et du retour d'autres. Souhaitons toutefois que le milieu conserve toutes ses potentialités d'accueil et notamment pour les trois espèces précitées, liées aux milieux humides qui sont, chacun le sait, particulièrement sensibles et visés par des agressions de toutes parts.


Merci aux observateurs
Joël Delattre, Gwenaëlle Delcros, Samuel et Xavier Fichet, Michel Fouquet, Marie-Hélène Froger et Maxime Leuchtman.

Pour plus de renseignements
contact Tibo Dieuleveut


Haut de page


Soutenir, participer et animer...
Soutenez un offrant un don à l'association. Nous avons besoin de votre aide pour poursuivre nos buts. Adhérez à l'association et venez partager l'aventure ornithologique dans la convivialité de groupe d'amis à la porte de chez vous.

Adhésion à l'association : montant libre
Adhérez en ligne, inscription et réservation d'adhésion
Télécharger le bulletin d'adhésion à renvoyer à l'association par courrier

Abonnement au Lirou (1 numéro par an) : 7 €

Groupe Ornithologique de Deux Sèvres
7 rue Crémeau 79 000 NIORT
Mél Contact
Tél : 05 49 09 24 49
Fax : 05 49 09 23 85

 

Haut de page