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  Corbeaux Freux résultats de l'enquête 2000

Présentation  Les colonies  distribution géographique  Milieux fréquentés & nids

 
Milieux fréquentés
Comme le montre l’évolution de la distribution géographique, la majorité des colonies s’installe à proximité des vallées des cours d’eau, même parfois ceux à très faible débit. Cela concerne 134 corbeautières soit 68, 7 % du total départemental (Tableau 2).

Autre constatation, déjà faite lors de recensements antérieurs, beaucoup de colonies sont installées à proximité d’habitations, de la simple ferme isolée jusqu’au cœur des agglomérations importantes. Dans ce dernier cas qui concerne plus de 35 % des colonies, on notera que Thouars reste toujours la seule “grande ville” des Deux-Sèvres à n’accueillir aucune colonie.

Les autres caractéristiques paysagères relevées, sont, par ordre d’importance, les parcs de château ou urbains, les bosquets isolés en milieu rural, les haies du bocage avec de grands arbres et les alignements d’arbres en bord de route. Dans tous ces milieux, les nids sont essentiellement construits sur des feuillus autres que le peuplier.

Milieux fréquentés Nombre de colonies*

Milieux urbains ou péri-urbains
Bords de cours d’eau ou de plan d’eau
Parcs
Bosquets
Alignements d’arbres en bord de route
Haies (bocage)
Non précisés


69
134
14
14
6
11
3
tableau 2 : Milieux utilisés pour l’implantation des corbeautières

Support des nids
A quelques très rares exceptions près, les nids de Corbeau freux sont toujours construits sur des feuillus (Tableau 3).
Globalement, c’est le peuplier qui est de loin l’essence la plus utilisée (62,5 % des nids) mais dans le nord-ouest du département il n’est cultivé que très ponctuellement. Dans la région Bressuire-Mauléon, il ne supporte que 35 % des nids, le reste se partageant entre plusieurs essences parmi lesquelles le chêne domine. Sur l’ensemble des Deux-Sèvres, plus de 20 % des nids sont construits sur des chênes, environ 5 % sur des frênes (surtout au nord) et autant sur des platanes (surtout au sud). Au moins neuf autres essences plus marginales ont aussi été notées.


Arbres

Nb de nids % Nb de colonies* %

Peupliers
Chênes
Platanes
Frênes
Tilleuls
Charmes
Aulnes
Marronniers
Erables
Merisiers
Hêtres
Epicéas
Chênes + Châtaigniers
Chênes + Frênes
Feuillus indéterminés
Conifères indéterminés
Arbres non précisés

5428
1680
486
422
68
23
11
10
9
6
6
9
214
45
114
1
148
62.5
19.4
5.6
4.9
0.8
0.3
0.1
0.1
0.1
0.07
0.07
0.1
2.5
0.5
1.3
0.01
1.7
142
41
12
13
1
1
4
1
2
2
1
1
2
2
4
1
4
72.8
21
6.3
6.7
0.5
0.5
2.1
0.5
1
1
0.5
0.5
1
1
2.1
0.5
2.1
TOTAL 8680

234

Tableau 3 : Essences utilisées comme support de nid* Le total des colonies dépasse le nombre de 195 colonies recensées en D-S car une colonie peut utiliser plusieurs espèces d’arbres. En résumé, on peut dire que cette enquête 2000 aura mis en évidence le fait que l’expansion du Corbeau freux en Deux-Sèvres se poursuit tant numériquement que géographiquement, et que certaines régions du département apparemment inoccupées le seront peut-être dans un avenir plus ou moins proche.

Comment expliquer cette expansion ? Cela demanderait sans doute une approche éco-éthologique assez fine mais peut-être pouvons-nous proposer quelques pistes :
la modification du paysage agricole notamment dans le bocage où les cultures progressent au détriment des prairies naturelles (Bressuirais)
L’augmentation des surfaces plantées en peuplier (Marais Poitevin)
L’essaimage artificiel provoqué par les battues aux corvidés
Une faculté d’adaptation remarquable chez cette espèce qui s’installe à proximité des habitations humaines pour probablement, et paradoxalement, bénéficier d’une plus grande sécurité !

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