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Avifaune de plaine en Deux-Sèvres, enquête 1999 / 2000

Enquête nocturne  Enquête diurne

Enquête diurne
A la différence de l’enquête nocturne, la quasi-totalité des communes de plaine a été à nouveau prospectée en raison de l’enquête régionale sur le dénombrement de l’Outarde canepetière (programme LIFE-Outarde). La zone couverte représente près de 120 communes situées sur les plaines à Outardes du sud et du nord-est du département.

Le protocole, basé sur la biologie de l’Outarde canepetière, repose sur un maillage de points d’écoute situés tous les 750 m (5 minutes par point). Un passage est effectué de début mai à mi-juin sur deux périodes de la journée : lever du soleil - 10h30 et 17h30 - coucher du soleil. Avec ce protocole simple, standardisé et surtout
reproductible, nous avons décidé de noter durant les écoutes, de nombreuses espèces (Outarde canepetière, Oedicnème criard, Caille des blés, Perdrix grise, Bruant proyer, Bruant ortolan, Bruant zizi, Cochevis huppé, Alouette des champs,
Fauvette grisette, Hypolaïs polyglotte, Tarier pâtre, Traquet motteux, Gorgebleue, Bergeronnette printanière, Pie-grièche écorcheur, Courlis cendré et Vanneau huppé...). Chaque point étant référencé, ce protocole permettra à l'avenir d'estimer l'évolution de toutes ces populations.

Dans cet article, nous nous contenterons de donner les résultats obtenus pour l’Outarde canepetière et les quelques nouveautés particulières découvertes au gré des chemins.

L’évolution des populations d’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) est toujours orientée à la baisse en cette fin de siècle. Nous avons recensé 104 mâles chanteurs sur 46 communes différentes en cette année 2000. La dynamique de cette régression est catastrophique (Cf. tableau 3) et compromet l’avenir proche de la population migratrice d’Outardes.

Cette chute toujours prononcée des effectifs et la régression de son aire de répartition rendent toujours plus importantes l’urgence de tous se mobiliser pour cet oiseau.

Les comptages régionaux ont en revanche permis de dénombrer 120 mâles en Vienne, 110 en Charente et 80 en Charente-Maritime. Pour ces trois départements, ces effectifs sont supérieurs à ceux estimés en 1996. Il est difficile de savoir s’il s’agit d’une sous-estimation en 1996 liée à l’effort de prospection ou d’un réel gain des populations. La désastreuse politique de remembrement menée en Deux-Sèvres et la construction de l’autoroute A83 ne sont assurément pas étrangers au déclin prononcé constaté en Deux-Sèvres.

Après avoir été 2ème en 96, les Deux-Sèvres ne sont désormais plus que le cinquième département français pour l’Outarde après les Bouches-du-Rhône, le Gard, la Vienne et la Charente.

Au rayon des surprises agréables de cette enquête, il faut souligner la découverte en mai 2000 de 4 nouvelles localités fréquentées par le Bruant ortolan (Emberiza hortulana), notamment dans la plaine de Thouars, ce qui constitue un retour historique. La Gorgebleue à miroir blanc (Luscinia svecica), arrivée depuis 1995 en Deux-Sèvres, a conquis de nouveaux territoires, notamment autour de St-Georges-de-Rex, tout comme la Bergeronnette printanière (Motacilla flava) qui a fourni un indice probable de nidification dans la plaine de Thouars (première historique). La Cisticole des joncs (Cisticola juncidis) a également été contactée dans la plaine, notamment à St-Hilaire-la-Palud, effectuant ainsi un retour attendu depuis l’hiver meurtrier de 1986-87. Enfin le Courlis cendré (Numenius arquata) a été observé sur 9 communes du sud-est entre le 15/05 et le 08/06 (Chey, Clussais-la-Pommeraie, Lezay, Loubillé, Mairé l’Evescault, Messé, Pamproux, Ste-Soline et Rom).

Une masse considérable d’informations a été récoltée durant ces deux années d’enquête. Plus de 140 000 données ont été collectées par les 81 observateurs présents au rendez-vous. Ces bases de données sont colossales et nécessitent un travail profond d’analyse. Mené avec notre partenaire, le CNRS de Chizé, ce travail va se décliner sur plusieurs niveaux. Les effectifs et densités de Chouette chevêche et de Hibou Petit-Duc, les densités d’Oedicnème criard et de Bruant proyer seront fournies, une relation entre espèces et milieux devrait être proposée, différents articles devraient être publiés, une valorisation grand public de cette étude devrait permettre aux décideurs, gestionnaires ou agriculteurs de se saisir de cette richesse ornithologique encore importante en Deux-Sèvres.

L’enquête nocturne a porté sur 1 962 points d’écoute ce qui représente 44 460 minutes, 741 heures ou encore 185 nuits de travail de terrain. Au tarif syndical, cela représente une somme de 31 655 F, au tarif des avocats 518 700 F et au tarif d’une star du foot, une somme de 4 384 497 F.

Heureusement qu’on n’a pas fait appel à Barthez pour dénombrer les Chevêches du département, on coulait la baraque en huit jours. Cette action a été cofinancée par le Conseil Régional Poitou-Charentes et l’Union Européenne que nous remercions de leur confiance.


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