Connaître les oiseaux pour mieux les protèger
    Les oiseaux des Deux sèvres  Les noms vernaculaires

  Les oiseaux des Deux Sèvres

Quelques oiseaux présents dans le département
Outarde canepetière Busard cendré Oedicnème criard Traquet motteux Vanneau huppé Grand Cormoran Fauvettes paludicoles Hibou petit-duc Limose franche

Et aussi...
Bondrée apivore Milan noir Milan royal Circaète Jean-le-Blanc Busard des roseaux Busard Saint-Martin Autour des palombes Epervier d'Europe Buse variable Faucon crécerelle Faucon hobereau

 
Le Busard cendré
Circus pygargus
Période de présence
Le Busard cendré est entièrement migrateur. Il hiverne au sud du Sahara sur une large bande qui s'étend du Sénégal à l'Éthiopie et qui descend au sud jusqu'au Natal par la partie orientale de l'Afrique. Pour la période 1980-1990, les dates moyennes d'arrivée et de départ relevées dans le département sont le 14 avril (extrêmes : 2 et 22/04) et le 12 septembre (extrêmes: 1er et 23/09).
Les premiers arrivés sont le plus souvent des mâles et les derniers partis des juvéniles.

Nidification
Les parades nuptiales commencent en avril peu après l'arrivée des adultes sur les sites de reproduction. Elles se poursuivent jusqu'en mai et parfois au-delà. L'aire est construite à même le sol, au sein d'une végétation bien développée et dense. C'est un amas de végétaux secs d'environ 30 cm de diamètre sur lequel la femelle dépose en moyenne 4 oeufs à intervalle de deux jours. L'incubation débute dès la ponte du premier oeuf. Les pontes sont assez synchrones et s'étalent sur une période de trois semaines, entre début-mai et la mi-juin selon les années. La période de ponte est étroitement dépendante des conditions climatiques et de la hauteur de la végétation.
L'éclosion se produit au bout de 29 jours. Les jeunes sont aptes au vol 27 à 40 jours après l'éclosion. Cette aptitude au vol est généralement acquise plus rapidement par les aînés que par les derniers éclos.

Distribution géographique
Il existe en Deux-Sèvres deux noyaux de population distincts. Le premier se situe dans le tiers méridional du département, au sud d'une ligne allant de Coulonges-sur-l'Autize à Saint-Germier. La population actuelle y est estimée à 130-160 couples (J.M. BOUTIN).
Le second est situé au Nord-est dans les terres de champagnes entre Argenton-l'Église et Tourtenay et dans les terres de groie de Thouars à Thénezay. Quatre-vingts couples ont été recensés dans cette dernière zone en 1989 (A. ARMOUET). Quelques couples nichent également dans les jeunes plantations de résineux des bois de Chiché et dans les friches alentours.
Le Busard cendré est absent de la partie deux-sévrienne du Massif Armoricain, à l'exception de quelques couples isolés dans le bocage ouvert de l'Argentonnais.
Les nicheurs ne sont pas répartis de façon homogène car certains couples ont tendance à se regrouper sur des secteurs de plaine favorables : 7 couples sur 2500 ha en 1982 près de Faye-sur-Ardin (J.M. BOUTIN), 9 à 10 couples sur 3900 ha entre 1987 et 1990 près de Saint-Généroux (A. ARMOUET).

milieux fréquentés

Autrefois, le Busard cendré nichait dans les landes à ajoncs et à bruyères et en périphérie des marais. La plupart de ces milieux ont disparu ou ne subsistent plus que de façon relictuelle en Deux-Sèvres. Aujourd'hui l'espèce habite les grandes plaines céréalières et les secteurs de bocage sévèrement remembrés, qui leur sont limitrophes.
Ce sont toujours des espaces dégagés avec des formations végétales basses qui caractérisent son territoire de chasse et son site de nidification. En Deux-Sèvres, la plupart des aires sont construites dans les champs de céréales (orge, blé) et les cultures fourragères (luzerne, colza, ray-grass).

En migration, il peut toutefois être observé dans des milieux plus variés.

Conservation et avenir de l'espèce
La grande majorité des Busards cendrés niche dans les cultures. Malheureusement, celles-ci sont très souvent récoltées avant que les nichées ne soient parvenues à l'âge d'envol. Dans les Deux-Sèvres, on estime que 45 à 80% des nichées sont détruites chaque année par les engins agricoles, ce qui est considérable et augure mal de l'avenir de l'espèce.

Des actions de protection des nids sont possibles et ont d'ailleurs été mises en oeuvre dans le département mais, elles ne peuvent bénéficier qu'à quelques nichées. La protection des 250 couples des Deux-Sèvres paraît en effet utopique, compte tenu des moyens énormes qu'elle nécessiterait.

Dans la situation actuelle, la solution la plus efficace serait sans doute l'aménagement d'espaces favorables à la nidification dans les secteurs à forte densité, espaces qui seraient bien entendu soustraits aux risques agricoles.

La plupart des pays d'Europe occidentale n'abritent que quelques couples de Busards cendrés. Seules l'Espagne et la France "possèdent" des populations importantes, de l'ordre de 3000 couples chacune.
La population des Deux-Sèvres est donc loin d'être négligeable et mériterait d'être mieux prise en considération.

L'enquête 1985-1989 a confirmé l'existence de deux noyaux de population de Busards cendrés correspondant aux deux grandes plaines céréalières de Niort et de Thouars. On note cependant un débordement de l'aire de distribution dans les bocages ouverts du Mellois au sud et de l'Argentonnais au nord. Le Busard cendré est absent du bocage humide qui s'étend à l'ouest, du Mauléonnais à la Gâtine.

Autrefois habitant des landes à ajoncs et à bruyères et des friches marécageuses, le Busard cendré niche encore çà et là dans ces milieux maintenant relictuels en Deux-Sèvres. Aujourd'hui, la plupart habitent les vastes plaines et nichent dans les champs de céréales et de colza et accessoirement dans les cultures fourragères (luzerne, raygrass).

Dès son arrivée en avril, le Busard cendré affirme la possession de son territoire par des parades nuptiales acrobatiques. La femelle pond en moyenne 4 oeufs sur un modeste amas d'herbes sèches entre début mai et mi-juin. Les jeunes sont volants entre le début juillet et la mi-août.

Son régime alimentaire est principalement composé de petits rongeurs et d'insectes. Dès le mois d'août, les Busards cendrés repartent vers l'Afrique et, en septembre, seuls restent quelques jeunes attardés.

L'enquête FIR/UNAO 1979-1982 donnait une population de 80 à 160 couples pour le département. Aujourd'hui, grâce à un suivi plus précis, il est possible d'affiner cette estimation un peu pessimiste et d'évaluer la population deux-sévrienne à 210-240 couples.

Cette espèce est néanmoins en danger et partout en diminution. En Deux-Sèvres, on estime que selon les années, 45 à 80% des nichées sont détruites par les moissonneuses, malgré des actions ponctuelles de sauvegarde très lourdes à mettre en place et difficilement généralisables. Seuls environ 3000 couples nichent en France. La population des Deux-Sèvres est donc loin d'être négligeable et mérite qu'on s'attache un peu plus à son devenir.

Rédaction
Alain Armouet et Michel Fouquet
 
 


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