| Connaître les oiseaux pour mieux les protèger Les oiseaux des Deux sèvres Les noms vernaculaires |
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| Les oiseaux des Deux Sèvres Quelques oiseaux présents dans le département Outarde canepetière Busard
cendré Oedicnème criard Traquet
motteux Vanneau huppé Grand
Cormoran Fauvettes paludicoles Hibou
petit-duc Limose franche
Et aussi... Bondrée apivore Milan noir Milan royal Circaète Jean-le-Blanc Busard des roseaux Busard Saint-Martin Autour des palombes Epervier d'Europe Buse variable Faucon crécerelle Faucon hobereau |
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| L'Outarde canepetière Tetrax tetrax |
© Archives Gods mâle d'Outarde ©
Archives Gods femelle d'Outarde |
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| Période de présence Les premières arrivées en Deux-Sèvres ont lieu lors de la première décade de mars. La majorité des oiseaux arrivent cependant à la fin du mois et lors de la première quinzaine d'avril (date moyenne de première observation 30 mars +/- 11 jours). Des départs et des arrivées, notamment de mâles, sont également constatés jusqu'au mois de juin. Les Outardes quittent les Deux-Sèvres courant octobre, mais des oiseaux stationnent jusqu'au début novembre (Date moyenne de dernière observation 28 octobre +/- 12 jours). Cependant, des observations anciennes ont eu lieu en période hivernale, plus récemment plusieurs individus ont été observés pendant tout l'hiver sur la plaine de Niort / Brioux. Nidification Le système de reproduction de l'Outarde canepetière est basé sur les "leks" (ou arènes), un système très rare chez les oiseaux puisque 1 % environ des espèces l'adoptent. Le lek consiste en un regroupement de mâles sur une surface limitée (généralement moins de 250 hectares) à l'intérieur de laquelle chaque mâle défend âprement son (ou ses) postes de chant. Les femelles "visitent" les mâles, copulent puis vont pondre en dehors des territoires. Un poste de chant n'est pas occupé toujours par le même mâle au cours de la saison. Ainsi, un mâle équipé d'un émetteur a été observé dans la plaine du nord Deux-Sèvres le 15 mai 98, 27 heures après son départ du lieu où il avait été capturé, situé à 140 kilomètres (limite de l'Indre et de l'Indre et Loir). Du mois de mars à la mi-juillet, les mâles sont actifs de jour comme de nuit, aussi bien sur le plan auditif (chants, tambourinements des pieds, sifflements des ailes produits par l'émargination d'une des grandes rémiges) que visuel (gonflement des plumes du cou, sauts, battements des ailes qui produit un effet de flash au crépuscule, parcours à pieds ou survol du territoire). Ces activités occupent 80% de leur temps d'activité. Le rythme moyen d'émission des chants est de 70 par heure mais peut atteindre 13 par minutes. La période de ponte s'étale de la mi-mai à la mi-juillet avec un pic faiblement marqué en juin. Le nid se situe généralement dans des couverts peu denses de graminées et/ ou de légumineuses. Le nombre d'oeufs pondus varie de deux à quatre, la taille des pontes augmentant au fil de l'avancement de la saison, probablement en rapport avec la disponibilité accrue en gros insectes (orthoptères et coléoptères). Les poussins nidifuges sont nourris par la femelle durant les premiers jours. La croissance des ailes est extraordinairement rapide. A l'âge de vingt jours, le poussin peut déjà réaliser un vol sur quelques dizaines de mètres et il vole correctement à trente jours. Distribution géographique et milieux fréquentés Si Guillemeau, pour le début du 19ème siècle, et Bureau, pour le 20ème siècle, citent la présence de la canepetière sur des communes de bocages ouverts de l'Argentonnais, aujourd'hui l'espèce ne fréquente plus que les plaines céréalières du département. Une enquête réalisée en 1999 sur l'ensemble des 200 000 hectares de plaine des Deux-Sèvres montre que l'espèce est encore présente sur 22 communes. En période de reproduction les Outardes fréquentent majoritairement les couverts de type prairiaux (Prairies naturelles et artificielles, jachères spontanées, champs de légumineuses). Les mâles peuvent s'accommoder d'autres couverts comme le tournesol et le maïs tant que la hauteur de la végétation n'y dépasse pas 40 centimètres. A partir de la fin de la saison de reproduction, les familles et les groupes en rassemblement fréquentent le plus souvent les chaumes de céréales et de colza. Conservation et avenir de l'espèce Toutes les populations françaises d'Outarde canepetière, à l'exception de celles de la Crau dans les Bouches-du-Rhône, sont en régression marquée. Le nombre de mâles recensés en France est passé de 10 000 en 1976 à 1 256 en 1996. L'espèce a même disparu de deux régions autrefois très fréquentées, la Champagne et la Beauce. Dans les Deux-Sèvres, le nombre de mâles recensés est passé de 1200 en 1979 à 220 en 1996. La baisse des effectifs se poursuit à un rythme de l'ordre de 15% par an. L'ensemble des travaux réalisés depuis le début du Programme LIFE Outarde 1997-2000 sur 7 sites en France dont deux coordonnés par le G.O.D.S dans les Deux-Sèvres, sont analysés par le CNRS/CEBC de Chizé. Ces analyses indiquent que le taux de reproduction est négligeable, ce qui est imputable principalement à la réduction des couverts favorables à la nidification, aux travaux agricoles en période d'incubation et d'élevage, et à une forte mortalité des poussins au cours de leurs trois premières semaines. Ce damier facteur est lié à la réduction, tant en biomasse qu'en diversité, du peuplement des insectes en milieu céréalier. Au vu des effectifs encore présents, les administrations, les élus, les organisations agricoles et les habitants du département des Deux-Sèvres ont dès à présent la responsabilité du maintien (ou de la disparition) de la population française d'Outarde canepetière migratrice. Un engagement " politique " fort, soutenu financièrement, s'avère nécessaire pour mettre en place, à une échelle satisfaisante, les moyens de sauvegarde de l'Outarde identifiés au cours du Programme Life. Ces moyens, qu'ils soient ceux concernant l'utilisation des jachères, le maintien ou la création de prairies, la réduction des intrants, la pratique du pâturage, convergent tous vers une production agricole plus soucieuse de qualité des produits, de la ressource en eau, du respect de la faune, de la flore et des paysages. Rédaction Alain Armouet et Vincent Brétagnolle Illustration Archives Gods |
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