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Tant va le GODS à l'eau qu'à la fin il s'esclaffe, sortie du 6 juin 2004 sur la Sèvre Nantaise
Les sept piliers du Bar des Nazes, 2005 les Bardenas
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Les sept piliers du Bar des Nazes
Ou l'on apprend qu'une météo pourrie peut vous changer la vie



Aire d'autoroute de Fenioux, quelques kilomètres après Saint-Jean d'Angély, 8 h du matin le dimanche 21 août : 3 deux-sévriens et 2 deux-sévriennes, (dont 2 romains de Rom) Jean-Marc, Patrick, Siegfried, Françoise, Céline et un Gobemouche noir ; la cuillère tient toute seule dans le café, nous sommes parés pour faire le tour de l'horloge, 3 Cigognes noires avaient déjà été aperçues par les romains.

Déjeuner sur les contreforts de la montagne basque, quelques kilomètres après Saint-Jean-Pied-de-Port et premiers spectacles : des Vautours fauves par dizaines et une parade mémorable de Milans royaux.

Nous arrivons vers 15 heures au col d'Organbidexka, une vingtaine de télescopes est alignée et guette le passage des : Bondrées, Milans noirs, Cigognes blanches & noires et noires & blanches, Circaètes, Busards, etc. A Organbi, les 79 sont bien connus, apparemment on est repérés comme des fidèles ; faut dire que ça fait 25 ans que des Godsiens y traînent leurs oculaires (pas d’un con)…



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Le principe d'Organbidexka : dès qu'un ornitho aperçoit à l'horizon un piaf ou un groupe, il le signale à « l'animateur », ensuite une personne se propose de suivre l'oiseau ou le groupe jusqu'à ce qu'il ait franchi le col (cela peut durer une ½ heure car les oiseaux doivent trouver les courants ascendants pour s'épargner afin de franchir le col de 1500 m). En plus de devoir connaître les silhouettes des oiseaux, il faut mémoriser les noms des montagnes et des collines qui nous entourent afin de signaler tous les oiseaux.

Au bout de 2 heures d'observation, la pluie montrant son nez et la température perdant son caractère estival, nous décidons à l'unisson de nous replier au bar d'Iraty, permettant à un certain de se désaltérer et à d'autres de se réchauffer. Vers 19 h, nous retournons jeter un coup d'oeil au col, des Cigognes noires entrevues entre les nuages réussissent à franchir le col, mais la visibilité se réduit. On descend au camping pour monter les tentes, se faire des nouilles bien chaudes et s'endormir, bercés par les hululements de 4 hulottes et le doux ronflement d’homo sapiens.

Au petit matin, 8 h, une brume enveloppe le camp, 3 jeunes deux-sévriens arrivés dans la nuit lèvent le camp pour monter au col. A 10 h on arrive au col, un brouillard de Gâtine couvre toute la région (je dois prendre mes jumelles pour voir le bout de ma longue-vue). Deux autres deux-sévriens nous rejoignent, Pierro et Laure. La météo prévoyant 2 jours de mauvais temps, sur les conseils de Jean-Marc, notre guide ornituel, nous prenons la direction de l'Espagne : cap au sud, nom de d’là.

Au port de Larrau, 1573 m, le vent souffle en rafale et la visibilité est nulle, moins de 20 m, on entame la descente vers l'Espagne. Après 20 km, nous sommes encore à 1000 m d'altitude, au-dessus d’Ochagavia et le soleil fait son apparition, on s'arrête dans un coin sublime (Vautour percnoptère et Vautour fauve saluent notre arrivée) on partage nos victuailles, on s’abandonne à la sieste. Au loin, derrière nous, les nuages français tentent de traverser les Pyrénées mais se font vaporiser par la chaleur ibérique. Le Gobemouche noir gobe les mouches. La vie est belle, l'ornithologue est ben'aise et même, content d'être ben'aise.

On repart vers le sud, 4 Circaètes, dont 3 juvéniles, virevoltent au-dessus de nos têtes (super obs.), plus loin une vingtaine de Hérons gardeboeufs. Nous arrivons à Arguédas. Pressé de quitter le bitume, Jean-Marc nous engage sur une piste défoncée. Le soleil commence à se coucher et nous pénétrons dans le désert des Bardenas : 1ère impression : de la terre érodée, de la poussière, des canyons, des oueds, des touffes d'herbes, des couleurs extaordinaires, le tout entouré de falaises arides (il ne manque que l'harmonica de Charles Bronson et le chapeau d'Henry Fonda).



La claque pour 6 d'entre nous, après une dizaine de kilomètres de piste très caillouteuse, Jean-Marc nous fait prendre une piste encore plus pourrie et, miracle de ce désert, nous arrivons prés d'une lagune. On s’empresse de casser la croûte dans les dernières lueurs du jour puis on se planque derrière des buissons car le vent souffle très fort. Tout au loin, le soleil rouge se couche sur les falaises rouges (normal !) et tout près dans nos verres, un rouge espagnol nous réchauffe. Chacun essaie de se trouver un endroit protégé du vent pour s'enfourner dans son duvet... la lune se lève sur la lagune, et la nuit étoilée nous enveloppe. (à moins que ce ne soit la nuit enveloppante qui nous étoile).



Vers 6 heures, les lueurs du petit jour commencent à se manifester, le vent tombe, les moustiques arrivent, suivis d'une horde de chauve-souris (bien fait pour eux). Le soleil se lève pile au même endroit que la lune hier soir. Au petit déjeuner, le Gobemouche noir colle encore plus Jean-Marc. Pendant le tour de la lagune, nous avons observé : Busard des roseaux, Petit Gravelot, Chevalier culblanc et aboyeur, Grèbe castagneux, Traquet motteux, etc. Nous partons en voiture pour faire le tour du « poligono de tiro », on saura plus tard ce que signifie ce nom bizarre.



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Ayant aperçu une vingtaine de Vautours fauves sur une falaise, on décide de stopper les voitures et d'aller faire un tour à pied. A peine a-t'on fait 100 m, qu'un 4x4 déboule avec un jeune homme en tenue élégante, certes, mais un peu rétro, nous prie de dégager car 3 kilometros plus loin il va y avoir des tiros. (traduction de Laure). Nous n'avons aucunement l'intention de le contredire, nous rejoignons nos voitures et allons donc 3 kilometros plus loin. Une ½ heure plus tard tandis que nous escaladons la Pisquerra, un avion de chasse lâche une bombe dans le polygono de tiro juste devant nous (enfin à 3 kilometros) ; même pas peur ; après une heure de marche et d'escalade, on retrouve les voitures, il nous reste à trouver un endroit à l'ombre pour le repas, car le soleil cogne tel un Pic.


La cabana , une vieille cabane en pierre, un véritable refuge pour les promeneurs, équipée de fauteuils très confortables, de table, cheminée, et le tout dans un état plus que correct. Les nouilles sont excellentes, le Gobemouche noir est toujours là. Nous repartons dans l'après-midi vers Arguedas car il nous faut faire le plein de citronnelle, de pain, d'eau et de vino. Nous passons devant le Cabezo de Castildetierra, un phénomène géologique : des blocs de calcaire qui tiennent en équilibre sur un pic de terre.


Les courses faites, on se dirige vers l'Ebre pour trouver un coin à l'ombre pour manger, se baigner et faire la sieste. Deux chanceux en profitent pour une belle série : Faucon hobereau, puis Faucon pèlerin, puis 2 Aigles bottés en 2 mn, le tout enrobé de Guêpiers. Puis nous retournons vers notre lagune et cette fois-ci, on a le temps d'apprécier le coucher de soleil. Après le repas, Siegfried sort sa guitare, et chacun y va de sa chanson. La lune se lève, il est temps de se coucher.


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Au petit matin, les moustiques font la gueule, la citronnelle leur donne la nausée. Le Gobemouche noir a vraiment une attirance pour Jean-Marc. Après un petit déjeuner copieux, on part vers l'Ouest. Quelques kilomètres de piste, on admire un Traquet oreillard, puis on aperçoit en vol, le premier couple de Ganga cata (premier lot de 6 coches). On s'arrête près d'une ferme abandonnée pour observer des Etourneaux unicolores et une foule de moineaux domestiques posés sur 5 fils barbelés, tels des notes sur une portée. Un peu plus loin, Patrick remarque un piaf bizarre qui se pose dans un chaume, après observation plus précise, il s'agit d'un Ganga unibande (ça coche sévère ce matin). Nous repartons vers le Nord pour regagner la Cabana d'où part une piste en terre qui doit nous mener vers une zone plus désertique, Jean-Marc va en éclaireur pour vérifier si les voitures peuvent passer, on descend dans le canyon et nous traversons un cours d'eau, ça rafraîchit les pneus on a le temps d'admirer le paysage car on ne peut pas rouler à plus de 10 km/h tellement la piste est défoncée.



Lors d'un franchissement de cours d'eau au fond d'un canyon, on s'arrête car l'endroit nous semble intéressant, certains en profitent pour se laver, bizarre le savon ne mousse pas ; après étude il apparaît que l'eau est salée. Nous partons faire une marche d'une heure au fond du canyon. Si nous ne voyons que peu d'oiseaux, par contre, de nombreuses espèces de libellules nous accompagnent.

Malgré un soleil qui commence à monter, il fait bon et je crois que, si ce n'était des problèmes d'intendance, on y serait encore à l'heure où j'écris.


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En repartant, on observe une Fauvette pitchou qui essaie de se cacher dans quelques buissons chétifs. Au bout d'une demi-heure, on commence à ne plus trop savoir où l'on est. On se dirige au soleil et nos longues-vues nous permettent d'évaluer l'état des pistes et de choisir celle qui nous semble la plus fréquentable. Halte, sur la gauche, un piaf au loin, au milieu d’un chaume, vite on sort le JLG (Jumelles, Longue-vue, Guide), c'est un Rollier d'Europe (et ça coche de vélo).



Finalement, chance ou talent, on se retrouve exactement là où on voulait arriver. Il est bon de rappeler que ce jour-là, les deux « va-devant » ont été particulièrement remarquables au niveau de l'orientation. On s'arrête pour une Pie-grièche grise. Quand on quitte le désert, on trouve du maïs, et, sur les tourniquets d'arrosoir, plein de Guêpiers d'Europe, avec une Pie-grièche écorcheur juvénile juste à côté. Un peu plus loin, dans une rizière, à une cinquantaine de mètres de la piste, on observe nos 2 premières Cigognes blanches, une Bergeronnette printanière, deux Hérons pourprés et l'on entend un Râle d'eau.
Pendant le repas du midi, nous contemplons une pompe de plus de 170 Vautours fauves. On repart, nous faisons quelques courses dans un village, pain et vino (bara gwin en breton). C'est la fête au village : les rues sont fermées et 2 malheureuses vaches sont lâchées, pitoyables, en glissades sur le macadam. On ne reste que le temps d'une bière. Nuit à la belle étoile vers Lumbier (percnos et Faucon pèlerin en vol), et au matin, direction Organbidexka où nous espérons trouver de bonnes conditions pour la migration, après plusieurs jours de « passage à niveau fermé ».


On arrive vers midi juste pour casser la croûte, il fait soleil, une quarantaine de télescopes est alignée, le ciel s'est dégagé la veille et c’est hier que les rapaces sont passés par milliers. Dommage… Aujourd'hui c'est plus calme, nous suivons quelques Bondrées, un couple de Circaètes dont un, avec un serpent dans le bec. Les Milans royaux locaux viennent chasser à quelques dizaines de mètres et on peut les observer du dessous et du dessus. Les nouilles sont excellentes. Mais certains d'entre-nous travaillent le lendemain, et vers 15h, après avoir croisé un éminent membre du GODS récemment à la retraite (un des premiers 79 à avoir investi Orgambi dès les années 70, justement…), nous prenons la direction des Deux-Sèvres.
Bilan : une super ambiance, 106 espèces d'oiseaux observées, un total de plus de 150 coches. (à nous tous et encore, un certain JMV n’a pas contribué au total !). Nous partions pour passer 4 jours à Organbidexka et grâce à une météo peu clémente, nous avons pu découvrir une région extraordinaire, des paysages insolites, produit de l'érosion, au pied des Pyrénées, les Bardenas sont une terre d'évasion.

Une envie folle pour tous d'y retourner à la première occasion. Ce sera peut-être au printemps prochain, avec les chants d’Alouettes en plus (des champs, pispolette, calandres, calandrelles, Sirli, Cochevis huppé et de Thekla...), car août n’est quand même pas la période idéale (sauf pour les coups de soleil et la baignade dans l’Ebro).



Rédaction
Patrick, Laure, Pierro, Siegfried, Céline, Jean-Marc et Françoise


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